Avant de partir.
(Acrylique, 2011 - ©PavillonNoir)
La Grande Route se rapproche. L'attente est interminable. J'en rêve. Bruit de moteur morphéen. Je m'imagine sonder l'horizon à sa recherche. Le regard perdu avec bonheur sur le paysage qui défile et défie le temps. Loin de la démence urbaine. En plein dans le mille, cible verte et feuillue. Macadam gorgé de soleil, de pluies, de vent céleste, qui s'étire à l'infini. Et même si c'est que pour quelques semaines.
L'inconnu qui s'écrase sur la plaine de l'avenir ne m'effraie pas. Saut sans parachute. Et tant pi pour les pansements. Le fait est là: seul le présent compte. Et même si tant de voix s'effraient autour, se hâte de devoir planifier, parce qu'on leur impose, qu'importe. Cet "attention!", n'est pas le bon. Seul l'attention, l'instant T, poser son regard, effleurer des doigts, sentir et ressentir. C'est ça qui créé le futur. Loin des plans sur la comète. Pourquoi aller sur la Lune, la Terre est déjà immense.
Le seul plan qui compte c'est celui de s'échapper du marasme. Celui de foutre son coup d'pied au cul à la pensée unique. Même si c'est impossible, même si c'est une utopie. Même si ça dérange. Tant mieux. Faire du bruit dans ce silence consternant. Sortir les casseroles et taper dessus à en réveiller les morts. Et laisser celles qui moisissent se traîner derrière le carrosse de sa Majesté des cons. Continuer de lutter contre l'invisible, en giflant l'air ambiant de tout ses doigts. Se moquer des endormis, juste pour les réveiller. Puisque tant qu'on ne touche pas à l'égo, le monde peut bien s'écrouler. Être en première place face à cette comédie, et se gausser. Se gausser à en étrangler son voisin. Jeter des fleurs mortes sur la scène, et partir la tête haute du public en ricanant. Les costumés font bien leur travail, les costumiers pourrissent d'orgueil les poches remplis de morts. Pas de rappel. Ils ne le méritent pas. Ce spectacle est à chier.
Alors, partir. Dès que possible. S'éloigner, tourner le dos, et foncer droit. Ceux qui parleront de fuite n'ont pas encore compris que la fuite est dans l'acceptation. Tellement plus simple. Dire oui la bouche en cœur, et regarder passer les années, le nez écrasé à la fenêtre du train en marche. Wagon prison. "Arbeit macht frei". Et plus que vos yeux pour pleurer.
La vie a son lot de claques. Celles qui remettent en place. La place de chacun. Un éphémère se pose sur notre épaule, puis dans un dernier battement d'aile s'écrase sur le bitume. L'enfant-monstre né du capital tient son lance-pierre et tire. Les hommes tombent, comme des mouches, et on leur demande de payer de leur force leur propre tombe. La maladie, cousine du Grand-Spectacle, s'étale sous les pores, sous la chair, le long des organes, se multiplie et ronge, et ronge. Et on nous demande de payer, payer encore, de notre vie, la comédie du monde.
Un pour tous, et tous pourris. Qu'importe vos milliards, à la fin c'est la mort aussi. Qu'importe votre pouvoir, à la fin c'est la faucheuse, et à c'que j'sache, la pierre philosophale n'est qu'encore qu'un mythe. Alors quitte à choisir, entre votre vie de vendu, vide et creuse, et une vie de "misère", sans paillettes, sans faux-plafond, sans porte-cigarette, le choix est fait. Entre la richesse humaine et la richesse d'un papier numéroté, le choix est fait. Comment voulez-vous que l'on se projette dans un avenir où la destruction est à son apogée. No futur, nos futurs. Alors nous y voilà, on chante, on danse, on se marre, on se fout de tout, on se fout de vous, et dans nos nuits, enivrés, saouls d'amour et de partage, défoncés aux effluves de notre jeunesse, on lâche prise, de cette escalade sans queue, sans tête, et sans milieu, qui ne mène nulle part.
Nous voulons vivre. Nous voulons aimer et nous enivrer. Nous voulons rire, à gorge déployée. Nous voulons créer sans relâche, et faire don au monde. Nous voulons nous donner à la vie, entièrement, avec qu'elle ne nous reprenne, si subitement. Nous voulons tant. Et vous volez tout.
Qu'importe. Rien n'arrête un peuple qui danse, rien n'arrête un peuple qui chante, un peuple qui aime.
"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent." V. Hugo.
Sarko'mencera pas!
Et Hop!
Ah, et le discours. PI-TO-YA-BLE. Mais comme c'était l'effet que tu recherchais sur tes militants, je dirais:
RI-SI-BLE.
Allez, casses toi pôv c...
Yelaaaaaah.
(Sinon pour le reste c'pas non plus fameux. "Les roses ont toujours des épines".
Bref.
En attendant, en parlant de rose...
aaaAAAATCHAAAA! Snirlf...
La France aux fachos.
La France aux fachos. Je répète, la France aux fachos.
L'Histoire n'a plus résonance. Le pays des Lumières se complet dans les ténèbres. La farce électorale a dégouliné de tout son long, crachant sa haine, suintant la bêtise. Il n'est plus d'espérance, puisque la réalité frappe si fort: France de droite, France froide et méprisante, te voilà plus que jamais bouffée toute crue dans la gueule du loup. Le Grand Spectacle a bien usé de ses outils. Tu t'es faite bernée à nouveau.
Tu avales à pleine gorge les glaviots âcres du fascisme, préférant t'allier à la division et au rejet de l'autre. Tu applaudis à nouveau le clown qui depuis cinq années s'est ri de toi sans vergogne, agitant son bling-bling
sous ton museau de mouton pour mieux te dédaigner. Oubliant si vite que ce n'est pas de ce côté que l'on s'est battu pour tes droits les plus chers. Et tu déculpabilises faussement, en te teintant de rose, la peur au ventre, celle de trop te mouiller pour combattre jusqu'au bout.
Et tu oses... tu oses prôner ces mots qui ne sont visiblement pas les tiens: Liberté, Égalité, Fraternité.
La Liberté au cachot, l'Égalité aryenne, et la Fraternité aux banques!
Pauvre pays... Tu as la mémoire si courte. Le sommeil si profond. L'indifférence si grasse. Ne voyant pas plus loin que le bout de ton nez, chair à pâté des médias vendus, petit enfant pourri du capital et de la surconsommation.
Mais puisque tu attends le bord du gouffre, pourquoi ne pas t'y jeter de suite? Maintenant j'ai "compris". Mais sans vraiment réussir à te comprendre.
France de fachos, France de vendus, France de pantins. Si c'est là ton vœu, alors que la magie opère.
J'ai grande hâte de te voir sombrer jusqu'au fond, afin de t'entendre demander pardon.
"Tu me fatigues ma France".
Bribes de pensées.
L'évasion se fait rare. Dans cette forteresse où les murs se touchent en ricanant, le désir toujours plus fort de lever l'ancre se retrouve étouffé entre deux fenêtres, qui laissent pleurer les derniers rayons solaires d'hiver laiteux sur le parquet. Je grelotte d'immobilité. Et pour sauver la face à mes rêves, je fuis dans l'histoire incroyable de ce Walking Man*, qui a posé chacun de ses pieds et de ses yeux tout le long de la Route de la Soie, marchant presque tout droit. Je découvre avec ses mots l'Iran, l'Ouzbekistan, le Kirghizistan et ses peuples nomades qui me laissent rêveuse à en crever. Il vient d'arriver en Chine, et le boucan sonore et visuel du bazar de Kashgar me fait frissonner. Ce genre de livre qu'on aimerait vivre, caché dans la poche du narrateur...
Un petit morceau de moi s'en est allé dans un camion de transport. Il avait des dizaines de touches blanches et noires, et je m'étais toujours promis de lui redonner vie avec mes doigts. Mais le temps filant, l'espace se rétrécissant, et cette saleté d'pognon ont eu raison de lui. Bien qu'étant à des années lumières désormais de me sentir esclave d'un objet (sauf d'un livre, et peut-être un peu de Hansel), il faut bien dire que celui-là m'a brisé le cœur. Mais, la faute à personne. La faute au temps, à l'espace, et au pognon. Si ces trois là avaient été un jour une personne, je crois qu'un snipper les aurait déjà crevé accoudé à une fenêtre. Surtout le dernier.
Le virtuel me rend de plus en plus nauséeuse. Je vomis ces mondes factices alors que tant de beauté frappe à nos portes chaque jour, mais que l'on rejette du revers de la main, comme ces nobles qui crachent sur le pauvre. Car ni l'un ni l'autre, ni celui qui se perd dans un univers de pixels, ni le riche méprisant, ne semble connaître cette beauté et la magie de ce que l'un fuit et l'autre repousse. En tout cas, j'ai énormément de mal à l'appréhender. Et pas vraiment envie, puisque ça me paraît absurde et inutile. Vouloir vivre une autre vie que la sienne, une vie qu'on ne vivra jamais... Autant devenir comédien.
La ville des Lumières me semble de plus en plus obscure. Dans le fatras citadin, toutes ces âmes prisonnières du système qui courent dans tous les sens me fout le tournis. Là encore, je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse se sentir maître de soi et prospérer tout en nourrissant un mensonge abjecte. Mais puisque personne ne s'avère trouver que tout ceci n'est qu'une fiction, un miroir brisé, un moulin à fric et à cauchemars, puisque personne ne semble vouloir vraiment être libre, que chacun se complaît dans cette farce, costumé des pieds à la tête dans un habit de pantin peureux et soumis, c'est certainement moi qui suis toc-toc. Qu'importe, on ne peut ni sauver toute la misère du monde tout seul, ni rendre les gens moins cons. Ça se saurait.
Il est effrayant de sentir à quel point, quoique nous fassions, toute cette vie qui est nôtre, repose entière sur nos épaules. Que nous avons le choix, malgré toutes les barrières et les enclumes qui nous tombent sur le crâne, malgré toutes les mains qui viennent étouffer nos bouches, cacher nos yeux, et nous pointent la direction à suivre. Malgré tous ces écrans de fumées que nous avons accumulées dès le premier cri, éducation, culture, langue, religion, opinions familiales, école, cercle d'amis, ... Malgré toutes ces couches qui nous ont faites, que nous n'avons bien souvent pas cherché à avoir telles quelles, tout ce patchwork qui a cousu notre personne, nous pouvons avoir le choix. Personne ne saura décider à notre place, si l'on met de côté tout ce qui trait à la persuasion, à l'engrenage, et là encore, le oui ou le non qui sortira de notre bouche, même forcé, restera le résultat d'une commande de notre cerveau, de notre volonté à répondre cela.
Notre société actuelle nous force à penser que nous ne pouvons décider de nous-même, que nous avons besoin de maîtres, de guides spirituels, de présidents, de coachs et j'en passe... Elle nous noie sous un monceau de véritables fiches techniques de la vie. Alors qu'elle se trompe. Elle régie nos vies de lois, d'interdits, de bonne et mauvaise morale, nous fiche comme des délinquants, nous demande de tenir notre doigt sur la bouche comme aux enfants, de marcher en rang, de suivre la cadence et de fermer nos gueules. D'être le meilleur, de concurrencer notre prochain, d'obéir plus, et vivre moins. À chaque étape de notre vie, le rôle se succède: père, mère, instituteur, professeur, patron, président, il y en a toujours un face à qui nous devons choisir d'obtempérer sans sourciller, sans même nous demander si nous sommes en accord avec le pouvoir qu'on lui octroie, sur nous. Et ça nous aide bien, peureux que nous sommes, à regarder la liberté en face, faisant semblant d'en réclamer un mensonge, un mirage, pour ne pas culpabiliser d'avoir accepté tant de chaînes à nos mains et à notre esprit. Mais qui désire réellement être libre aujourd'hui?
Alors on se laisse endormir, on se laisse bercer, choyer, dorloter dans ces prisons. C'est plus simple. On attend que le trépas arrive dans cette camisole de force. Que le temps passe et emporte avec lui nos rêves, nos projets, notre savoir, et l'or que l'on a dans les mains, le cœur et la tête. Et chaque minute devient un boulet de plus sur la chaîne que l'on traîne, zombifié, mais toujours vivant. Hors ce ne sont pas les morts qui devraient se réveiller, ce sont les hommes et les femmes, les ados, les travailleurs, les amoureux, les passionnés, les génies, les créateurs, les parents, les vieillards. Il y a tant à vivre et pourtant...
Bref, toujours le même refrain... Allô, y'a quelqu'un?
* Bernard Ollivier, Le Vent des steppes, Longue marche III, (trois livres: Longue marche, Vers Samarcande, Le Vent des steppes), éd. Phébus.
Printemps des peuples.
Sous le ciel bleu-ouaté de pollution, le soleil fait sa révérence au Printemps. Ici, la prochaine mascarade de la démocratie se rapproche. Sous fond de haine alimenté par les médias, résonne le cri sourd du peuple étouffé par les boniments des clowns de la République.
(...)
Mais il semble qu'on se réveille !
Est-ce toi que j'ai dans l'oreille,
Bourdonnement du sombre essaim ?
Dans la ruche frémit l'abeille ;
J'entends sourdre un vague tocsin.
(...)
V. Hugo, "Au peuple".
Printemps, Printemps. Que tes bourgeons soient des poings serrés et levés, que sortent de ces derniers la ramure de la souveraineté du peuple, et sous l'ombrage des feuilles déployées, que la Liberté diffuse dans les ténèbres du Grand Spectacle, une vive lumière que nul pouvoir ne saurait éteindre.
Coup d'tête balayette.
No(s) Futur(s).
(Œuvre de
No(s) Futur(s)
La résonance frappe. Deux pas en avant, un pas en arrière. La danse des loups, l'œil jaune du pouvoir. Assoiffé d'un rien. Petit bout de papier aux allures de roi, dirigeant et nouveau dieu. Simple idée, simple concept, simple chose. Maître ficelle. Pyramide inébranlable. Inébranlable? Bien ancrée. Dont les piliers se transforment, magie noire, en vipères aux crochets de venin. La folie des hommes est d'avoir cru en une telle simagrée. Ça devait sembler pourtant gros comme un doigt dans l'œil. Et dieu créa les carambars. Vous savez, les blagues nulles dont personne ne rit.
Dans la steppe glaciale du conformisme, l'idée reçue, la pensée orthodoxe est reine. Parée de ses bijoux en toc, elle ricane et se pavane. Et tout le monde applaudit. Bons, bons et loyaux. La langue pendante, chiens de garde d'une maîtresse qui les frappe, les violente, les culpabilise et les roule dans la boue de l'indigne. Le libre-arbitre se vautre dans ses sueurs, se noie dans son incapacité à faire front. Avalé tout cru. Même les os n'en ressortent pas. Il n'y a plus rien, qu'une vague idée nostalgique de ce qu'était la liberté de penser.
Le jeu des chaises musicales connaît d'entrée le perdant. Toujours le même. Qu'importe le sens, en avançant, en reculant, c'est toujours la même paire de fesses dans le vide. Quand resurgit l'étincelle révolutionnaire, les matraques font bon ménage. Détournement et mascarade. Maquillage et déguisement. Les clowns de la république pose une fausse larme sous leur œil, amadouer et apitoyer. Cela après avoir endossé le costume rigide du patriarche des règles, qui gronde et donne la fessée, fait culpabiliser et continue de s'en mettre plein les poches. Et c'est reparti pour cinq années!
Le doigt pointé sur l'autre, cet autre qui gène, mais dont on ne s'empêche pas d'aller voler les siens. Le commerce de la honte, l'industrie de la mort. La grande fausse morale, qui dégouline sur les cerveaux, disponibles à la bêtise, et inaptes à recouvrer surface. Le mégaphone de l'Histoire n'a plus de piles: son échos pourtant si proche peine de plus en plus à être entendu, les idées nauséabondes recréent leur armée nocive. Sous les discours populistes et démagogues, la tribune se remplie, les chiens de Pétain aboient et la caravane de la honte s'arrête, pétrifiée d'incompréhension et d'appréhension. Le fascisme cache son étendard sous la couture mal faite d'un patchwork de mensonges odieux, qui se targuent de porter gloire à une démocratie en papier, et narguent chaque individu, chaque citoyen, ne s'arrêtant plus de défaire et briser le peu d'acquis sociaux qui pouvaient se vanter de s'être fait tatouer: "Liberté, égalité, fraternité" sur la peau.
Oligarchie et autre plouto et techno chichie ont jeté au placard ce couple enchaîné du demos et cratos, cellule minuscule où n'est toléré que le travail, l'obéissance et le consumérisme. Les grandes familles, les dirigeants et les grands groupes se goinfrent sur l'échine amaigrie du citoyen qui ne sait même plus situer son pouvoir, son droit et sa force de décision, et qui épouse à contre-cœur une précaire destinée, rêvant d'un jour où il atteindra lui aussi ce sommet d'ineptie, complètement obnubilé par un fatras d'inutilités, dans un système dont la chimère se cogne à la réalité d'un monde aux ressources finies. La population se perd dans son ilotisme de connaissances, ignorance profane dont se servent banksters et autres escrocs d'une société de spécialisation pour laisser le cadenas des lourdes chaînes de la critique, du savoir et de l'auto-défense fermées à double tour. Elle est empiffrée de spectacle, brossée dans le sens du poil de la niaiserie, soudoyée à coup d'objets obsolètes superflus, et laissée pour morte dans les rues comme un vulgaire torchon, la gueule sur l'asphalte, sa tombe de tous les jours.
Le revers de la veste de la société actuelle se retourne dans sa vitrine, et de plus en plus de passants se rendent compte du prix qu'elle a coûté, qu'elle coûte et qu'elle coûtera s'ils ne se décident pas à ramasser les pavés se trouvant à ses pieds pour casser, détruire, anéantir cette contrefaçon de la vie, et se réunir pour assembler ensemble, mettant les egos de chacun de côté, un nouvel habit dont l'étiquette elle, portera nettement les valeurs que bafoue actuellement celle qui se flatte de tenir le fil et l'aiguille.
«Le futur n’a plus d’avenir» sauf peut-être si l'on décide de leur ôter des mains cette fâcheuse tendance à vouloir tout saccager, sauf peut-être si l'on se rend enfin compte que notre pouvoir n'existe plus dans une foi aveugle en une politique toujours plus corrompue, sauf peut-être si l'on décide de s'instruire et de s'informer, mais aussi d'informer ceux qui nous entourent, amis comme étrangers, sauf peut-être si l'on met enfin de côté cet ego si destructeur et qu'on laisse place à l'écoute et à l'échange d'idée, sauf peut-être si l'on comprend que des alternatives existent, et qu'il ne tient qu'à nous d'en construire de nouvelles, sauf peut-être si un matin, au lever du lit, nous décidons de faire de cette journée celle où l'on brisera nos chaînes de tous les moyens possibles, même si cela prendra du temps, même si aucun combat ne se fait sans coup, même si la liberté nous effraie.
"Il" avait un rêve, ayons le nôtre, serrons le fort pour ne pas le lâcher, pour le faire vivre, et le raconter une fois devenu réalité...
http://www.deezer.com/music/track/3752794
Niaisement simple.
Quand même, c'qu'on est bien.
Quand même, c'qu'on s'marre.
Quand même, c'que j't'... TURLUTUTU.
Doubipointu.
Le Chant du Monde.
La ligne d'horizon. Au delà des crêtes enneigées des montagnes, des vallées et des collines, les pieds baignant dans les milles nuances veloutées des étendues que la lumière d'un soleil hivernal caresse et paillette, au delà danse le lendemain, dont l'inconnu se heurte au moment présent un sourire en coin. Sous le bruit infernal du moteur qui ronronne et tousse, faisant vibrer les vitres, défile le grain du macadam, gorgé de kilomètres.
Il paraît que la Liberté a un prix. L'emprisonnement fini par être bien plus cher. Qui plus est, incroyablement insensé. Au lieu de payer les péages de tant de barrières, nous payons bien avant leur construction et la mise en place des barreaux de toutes ces cages. Sociales, émotionnelle, culturelles. Nous payons nos prisons, et travaillons à les payer. Toute notre vie.
Au petit matin un nouvel environnement. Arrivé de nuit, l'imagination œuvre à créer un espace, s'inspirant de l'air ambiant, des bruits, des odeurs, des sensations. Au réveil, la réalité vient se greffer au rêve. La lumière ré-habille de formes, de taille et de couleurs ce que la tête avait dessiné les yeux bandés. La chaleur du café qui fume dans une tasse, combattue par la fraîcheur de l'hiver. Le silence déployé quelques minutes, avant que le bruit d'une voiture ou du caquetage de quelques habitants du lac viennent le stopper net.
Le système est rusé. Il alimente les peurs, pour que son pouvoir prenne un air de bienfaiteur. Sous les lois, sous les interdits, dans les mots qu'il emploi et les maux qu'il crée, se cache un jeu diabolique aux allures angéliques. Mais ses ailes sont de feu. Et l'incendie est impitoyable.
Le temps n'a plus cette usure qui gangrène comme rouille sur les fondations d'acier de la sainte-société du capital. La présence et l'absence du soleil berce les heures. Celles-ci se déploient, entières et rythmées, le long de petits plaisirs simples, qui donne goût à la vie. Les sens s'aiguisent, le corps se rattache à l'esprit, l'esprit se rattache au corps naturel qui l'entoure. La beauté est partout et crie sa présence tout le temps.
L'Histoire nous apprend que nous ne nous sommes pas encore trouvés. Ses éclats de guerres, débris d'un monde qui joue sa comédie sur une scène tragique, font se fissurer les valeurs propres au bon vivre, au bien-être et au bonheur. Les nombreux masques que chaque comédien coud sur son visage, à même la peau, se tordent de faux airs, sous lequel le naturel s'y étouffe et s'éteint à petit feu. Dans ses danses macabres, le monde de l'Homme se gorge de haine et de violence stériles. Celui qui juge l'animal comme inférieur, oubli bien trop vite qu'il en est le pire. L'absurdité a trouvé au 21ème siècle le plus titanesque des trônes, et y a laissé tomber si lourdement son postérieur que la Terre en a tremblé. Ici et là exhalent les relents du gouffre de l'Humanité, qui s'enfonce sans cesse plus loin du mauvais côté de l'abysse, s'éloignant de l'ouverture comme happée dans des boues marécageuses, criant à qui veut l'entendre que le progrès la sauvera, et que la seule vérité est la sienne.
L'œil s'affûte à chercher cette Beauté, transcendante et immortelle. La pierre, le grain, le contraste, la composition, le hasard, l'organique viennent peindre un à un et tous ensemble la toile d'un Maître dont on ne sait le nom et l'essence. Certains l'appellent Dieu, y trouvent refuge, et s'y complaisent dans leurs peurs et leurs doutes. D'autres ne le nomment pas, mais le ressentent en eux, l'entendent dans les vents et marées, le croise dans la rosée du matin, ou converse avec lui les yeux caressant les cratères lointains de la lune. D'autres encore, cherchent toujours, sans trop savoir par où commencer. Les derniers ont abandonné, tristement perdus dans les méandres de la foi. Pour ma part, j'ai comme qui dirait envie d'en dire que c'est absent de tous vos lieux de litanie, et présent là où se referment les portes de vos églises et autres bâtisses, moulins à prière. Présent partout, et de là innommable et intouchable, et dont la confession a pour père et mère la Vie même.

Le ciel se pare d'or et de flammes. Il brûle de désir pour la nuit qui déambule, de plus en plus assombrie, cachée sous un voile de pierres précieuses qui scintillent, et dont l'œil de cyclope d'un blanc éclatant adresse un dernier clin pour laisser l'astre solaire continuer sa route de lumière. Le tout premier, et toujours le plus admirable des spectacles, dont les portes se font closes sur l'asphalte des villes coincées dans leur tombeau de lumière factice et de pollution suffocante.
Le mouvement engendre des aléas, de l'inattendu, le seul tracé qu'il octroie est celui des rencontres: visuelles, sonores, tactiles, odorantes, émotives, sensationnelles. Un jeu plaisant à la recherche de l'étranger, de l'inconnu, du re-nouveau. Quelques pas de danse sur une musique orchestrée par la vie, dont chaque respiration se fait entendre des plus lointains espaces du monde. Aucune mise en scène, aucune répétition, aucun costume et autre papiers mâchés: l'unique prend tout son sens dans l'instant. Et cette richesse inonde de part et d'autres la totalité de l'être, donnant naissance au présent, savoureux et délicat.
La perte de l'harmonie. D'une symbiose. D'un entrelacement vital. D'une valse à la mesure parfaite. D'une fusion plus qu'atomique.
La recherche de l'absolu, de l'essence, du premier souffle, de l'inaliénable. L'appel des racines, de cette magie céleste qui fait battre les entrailles, de cette chaleur qui fait bouillir le sang. L'alchimie immatérielle de toutes respirations, du grain à l'océan. Le Chant du Monde.
(Et une belle année à vous.
La finance vous parle.
La finance vous nargue, tous les soirs à 20h.
Finance: politiques, pseudo journalistes, économistes,
tous à la bottes des grandes multinationales et banques
qui s'endorment chaque soir, paisibles, sur leur lit de billets...
Et vous, vous dormez bien la nuit?












